Chroniques ordinaires Humeurs

L’aquabike ou quand le vélo se la joue subaquatique

Une véritable révolution est en train de se jouer dans l’univers des sports aquatiques, peut-être même dans la piscine de quartier où vous avez l’habitude de faire vos longueurs. Dans la grande fratrie de la natation grand public, on connaissait l’aquagym ou encore l’aquapalmes (discipline transverse empruntant au matériel de plongée), eh bien il faudra désormais compter sur l’aquabike ! L’aqua quoi ? Vous l’aviez compris, il s’agit de pédaler, non sur un pédalo, mais sur un vélo en immersion dans l’eau. D’ailleurs, peut-être avez-vous, comme moi, profité de la trêve estivale pour vous initier au nouveau sport à la mode qui affiche complet le restant de l’année ?


Anatomie d’un vélo
Oubliez l’idée d’installer votre vélo d’appartement dans votre cabine de douche/baignoire. Malgré son apparente ressemblance avec un vélo d’intérieur classique, un « poolbike » ou « hydrobike » est un vélo spécialement conçu pour supporter la corrosion naturelle de l’eau. Un matériel coûteux (avis aux intéressés : les premiers prix flirtent avec les 1200€) justifiant (en partie) le prix élevé d’une séance, qui peut démarrer autour de 15€ pour une séance collective en piscine, animé par un maître-nageur (sauveteur, ça peut aider) à… 35€ voire beaucoup plus en cabine individuelle, avec ou sans coach spécialisé !

L’intérêt de pédaler dans l’eau ?
Inventé par des kinés italiens dans le courant des années 90, l’aquabike ou aquabiking a depuis dépassé sa vocation initiale de méthode rééducative pour petit à petit envahir les bassins des piscines municipales, salles de sports et autres spas spécialisés. Entendant allier les bienfaits du pédalage avec la portance de l’eau, ce cyclisme en milieu aquatique se présente comme une activité fitness complète en promettant une taille affinée, des fesses raffermies, des jambes galbées… Sans oublier un gommage de la cellulite et une amélioration de sa circulation sanguine. Ainsi porté par l’eau, on se muscle tout en douceur, tout en fournissant plus d’efforts qu’en conditions normales de pédalage, avec une résistance 12 fois supérieure à celle exercée par l’air. Tout public et aucune contre-indication : ça a vraiment tout l’air du sport idéal !

« Allez Mesdames… et oups, Monsieur »
Un, voire deux homologues masculins dans les rangs, jamais plus, sur les 10 places ouvertes aux séances programmées par ma piscine : l’aquabike est plutôt ce que l’on pourrait appeler un sport « féminin », si tant est que l’on puisse sexuer la pratique d’un sport. Où êtes-vous Messieurs ? En tout cas, visiblement pas dans les gradins, ni dans le cours d’aquapalmes donné simultanément dans le grand bassin. Passé la tentative d’élucider ce mystère biologico-sportif, direction le petit/moyen bain (mais pas la pataugeoire quand même) où le maître-nageur nous invite à régler notre vélo (pour s’assurer que l’eau nous arrive bien à hauteur du nombril) et à commencer les échauffements : marche puis footing dans l’eau, étirement des bras, des cuisses et des jambes. « Les mêmes qu’en aquagym » me dit l’ami m’accompagnant, qui a lui aussi profité des mois de juillet et d’août pour programmer sa séance hebdomadaire du vendredi soir. Au bout des 5 minutes réglementaires, nos muscles sont maintenant chauds et prêts à en découdre avec la poussée d’Archimède. Nous avons chacun pris place sur notre vélo,  le moniteur, qui lui est resté sur la terre ferme, nous fait face et allume la sono : le cours peut commencer.

Au départ, on pédale tranquillement, histoire de se mettre en jambes. Mais quand on nous demande de se mettre en danseuse puis à nouveau sur la selle, mais cette fois-ci en pédalant en arrière, on devine que les choses commencent à se corser. Une difficulté qui va crescendo à mesure que l’on enchaîne les figures (assis, debout, accroupi devant et derrière la scelle) et les sens (avant, arrière, virage à gauche et à droite) à allure normale, modérée et rapide… Et à laquelle peuvent se rajouter des poids (élastiques, ballons), histoire de faire travailler les bras ! D’ailleurs, on n’aurait même jamais pensé en début de séance que le guidon du vélo nous offrirait un appui dorsal et manuel pour renforcer nos abdominaux… Et la musique dans tout ça ? On l’oublierait presque, pourtant elle est bien là, omniprésente, exubérante, tonitruante, repère nécessaire pour cadencer notre rythme : les derniers hits du moment (David Guetta, Rihanna, en tête) mais aussi parfois des oldies, choisis non pour leur charge émotionnelle mais pour leur structure musicale alternant les passages lents/modérés/rapides. Personnellement, je n’aurais jamais parié m’échauffer sur du « Partenaire Particulier » et piquer un sprint sur « Les Lacs du Connemara ». Même Céline Dion et le Titanic s’invitent pour les étirements de la fin de séance (ah ils ont de l’humour ces moniteurs !). A quand la compilation made in aquabike ?

Orgueil et préjugés
Malgré cela, les cours s’enchaînent et ne se ressemblent pas, en raison notamment de la rotation des moniteurs sur le créneau. J’en suis à ma cinquième séance et à l’heure de dresser un premier bilan, je dois bien avouer, sans mauvais jeu de mots, me sentir généralement « rincée » au sortir du cours. Agréable sensation que de baigner dans le milieu aquatique qui amortit les éventuels chocs et tensions musculaires, mais qui demande effectivement de redoubler d’efforts pour contrer sa résistance, plus même qu’on n’en aurait jamais soupçonné. Verdict ? Difficile de me trop m’avancer vu mon peu de recul, mais déjà à court terme, les premiers bénéfices se font sentir pour ce fitness ludique, qui a tout de même le mérite de sortir des sentiers battus !

(Les photos proviennent du site www.aquabiking.fr).

Plus de renseignements sur : www.poolbike.fr/aquabike/ et www.aquabike-france.com/.

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