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Charlie Hebdo ou « quand la religion bafoue la liberté d’expression »

Une fois n’est pas coutume, on va se lancer sur un sujet sensible à savoir l’incendie qui a eu lieu dans les locaux de « Charlie Hebdo » dans la nuit de mardi, suivi par un piratage de leur site internet. Si les locaux de SMB prennent feu ce soir, ça va être ma fête…

Le 2 novembre 2011 restera une date importante dans l’histoire du journal hebdomadaire satirique « Charlie Hebdo ». En effet, malgré le contexte actuel au nord de l’Afrique (la charia mise en place depuis la mort de Kadhafi en Libye, ou encore le parti islamiste Ennahda qui remporte les élections en Tunisie), le journal, rebaptisé « Charia Hebdo » pour l’occasion, n’a pas eu le succès escompté : les locaux ont été incendiés à l’aide d’un cocktail Molotov, leur page Facebook est devenue le champ de bataille virtuel opposant les défenseurs de la liberté d’expression aux provocations de personnes plus ou moins fanatiques et enfin le site internet de l’hebdomadaire a été piraté par un groupe de hackers turcs avant d’être fermé par l’hébergeur, ce dernier ayant reçu des menaces de mort.

Tout ça à cause d’une caricature ? Avouez que l’on commence à avoir l’habitude puisqu’un journal danois avait déjà subi ce genre d’attaque en 2006 après la parution d’une caricature du prophète Mahomet avec une bombe en guise de turban. Bon, on peut comprendre que ça soit offensant qu’on compare un prophète (et donc par extension tous ceux qui le vénèrent, intégristes ou non, fanatiques ou non) à un terroriste, mais est-ce une raison valable pour menacer de mort les auteurs de ces caricatures ? Attention, pas de conclusions hâtives car rien ne prouve que l’attentat qui a mis le feu aux locaux de « Charlie Hebdo » aient été fait par des islamistes… Les plus paranoïaques d’entre nous vont même jusqu’à dire que cet acte a pour but d’augmenter les tensions envers la communauté musulmane… Enfin n’allez pas croire que seuls les musulmans sont susceptibles dès qu’on parle de religion, après tout la photo du « Piss Christ », un crucifix plongé dans un mélange d’urine et de sang (c’est de l’art, ne vous y méprenez pas… charmant…), a été saccagée par des groupes catholiques en 1997 et 2007. Même chose pour la pièce de théâtre Sur le concept du visage du fils de Dieu qui, depuis le 20 octobre, a subi plusieurs interruptions par un groupe de fondamentalistes chrétiens.

Liberté, égalité et fraternité… C’est bien mignon mais la liberté d’expression dans tout ça ? Car jusqu’à preuve du contraire les journalistes, au même titre que les artistes, ont le droit de s’exprimer tant qu’ils ne transgressent pas la loi Gayssot de 1990 qui interdit les propos racistes, xénophobes et j’en passe, dans les journaux. Or, à part parler et se moquer (plus ou moins légèrement) d’un fait d’actualité, à savoir la Charia à la tête des pays du nord de l’Afrique, la loi Gayssot n’a pas été transgressée. Et puis, la France, tout comme le Danemark, est une démocratie et il se trouve que la religion a été séparée de l’état, il y a bien longtemps. La religion, peu importe laquelle, n’a donc pas à bafouer les principes fondamentaux de la France, à savoir « liberté, égalité et fraternité ».

Enfin, nombreux ont été les gens qui ont réagi devant ces évènements. Du simple anonyme au Président de la République en passant par le président du Conseil Français du Culte Musulman, cette histoire a bien su faire parler d’elle. « Je ne trouve aucun justificatif à un acte criminel qui est contre les principes de la République et tous les principes de l’islam » explique Hassen Chalghoumi, l’imam de la mosquée de Drancy. En attendant la réparation des locaux du journal, la rédaction a emménagé dans les bureaux d’un autre grand journal, leur site officiel a été fermé tout comme la page Facebook consacrée à l’hebdomadaire.

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1 Comment

  • Reply
    valou
    7 novembre 2011 at 20:51

    révoltant! ça me dégoûte de voir ça…mais ils ne sont pas vaincus et le prochain sort mercredi, je ne les lis pas, mais je les soutiens !

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