Musique

Page Foster & Maya Solovéy

Ce mois-ci vous êtes gâtées, la rubrique de l’album du mois ne sera pas consacrée à un seul disque, mais à deux. Deux albums qui vous sont proposés par deux chanteuses de grand talent et qui sont en plus amies. Deux albums sortis cet été, mais idéal pour faire la transition vers la rentrée et l’automne qui approche à grand pas.

Page Foster & Maya Solovéy

Page FosterWhen and Where

Originaire de Minneapolis, Page Foster à grandit en chantant, que se soit en regardant les dessins-animés de Disney qui ont bercé son enfance, lors de compétition d’état de chant a capella ou encore dans des groupes formés avec ses amis. Le chant comme deuxième nature, il lui manquait encore une étape, et pas la moindre, pour réellement faire vivre sa passion. Elle traverse donc les 1600 km qui la sépare de New York et de son fameux Conservatoire de Musique de l’Université d’État de New-York (SUNY). C’est là qu’elle commence à écrire et jouer ses propres chansons. Elle sort diplômé du conservatoire en 2009. Elle choisi alors de s’installer à Brooklyn où elle réalise ses débuts dans des bars locaux et surtout travaille sur son premier album.

When and Where est sorti le premier juillet 2010, il est le fruit d’une année de travail et d’une vie de passion. Ce tout premier album d’une durée de 34 minutes est composé de 10 pistes, 6 chansons originales, un texte écrit par Maya Solovéy et 3 reprises.
Le disque s’ouvre sur For Some, Page prend la guitare et la gardera tout le long de l’album, une basse et un violoncelle (que l’on entendra à nouveau plus tard) viennent subtilement apporter du volume à la composition. Mais la surprise vient du banjo, qui ne fait pas qu’accompagner la chanteuse, ils forment ensemble un véritable duo.

La piste suivante est intitulée Suzanna, il s’agit d’une chanson écrite par Maya Solovéy, un texte magnifique chanté avec une grande émotion par Page. Avec Home, Alive et Let Me Go Page Foster démontre qu’elle aussi sait écrire de très beaux textes. Les accompagnements folk mettent en valeur sa voix douce et mélancolique, dont elle joue comme de sa guitare.
Elle enchaîne ensuite avec 3 reprises, d’abord Deep River Blues une chanson folk-blues traditionnelle, puis Be There un titre écrit par… les Spice Girls. L’interprétation est bien différente de la version originale. La troisième reprise est une chanson de Joanna Newsom : Clam, Crab, Cockle, Cowrie, la chanson perd la harpe et les deux derniers mots du titre mais ne perd rien de sa beauté. Chacune de ces reprises est interprétée avec une telle habilité qu’elles semblent appartenir entièrement à cette talentueuse chanteuse.

Les deux derniers titres de l’album sont à nouveau des chansons originales, la construction de Time Keeps Walking donne une véritable impression du temps passant en s’accélérant (l’harmonica et l’harmonium font leur petit effet), l’intensité de la voix de Page y est pour beaucoup. Watercolors conclut l’album par une berceuse où la voix de Page mêlée avec un violoncelle intimiste évoque le chant des sirènes mythologiques.

Cet album a été produit par Maya Solovéy, vous pouvez l’écouter et/ou l’acheter en vous rendant sur la page Bandcamp de Page Foster : pagefoster.bandcamp.com
Son site : pagesings.com

Maya SolovéyI:II

Née à Philadelphie dans une famille aimant le voyage, Maya Solovéy s’est construit un passé multi-culturelle en parcourant une vingtaine de pays lors de ses 20 premières années. Quant elle eu envie d’apprendre l’espagnol, elle décida que le meilleur moyen d’arriver à ses fins était de partir vivre en Équateur, puis en Espagne. Elle fut ensuite attiré par le portugais, qu’elle apprit au Brésil dans des conditions de vie difficile.

Cet album est en réalité un double EP, à l’image de sa personnalité. La première moitié du disque est composée de morceaux écrits en anglais, des chansons folk orchestrées, la seconde moitié est quant à elle composée de morceaux écrits en espagnol et en portugais, des chansons aux rythmes bossa-nova pour accompagner ces langues latines. A peine plus long que l’album de Page Foster (11 pistes pour 39 minutes) il n’est composé que de chansons originales.

Il s’ouvre sur Dreamgirl une très belle chanson qui, bien qu’écrite en anglais, est inspirée par la relation entre Frida Kahlo et Diego Rivera. Le morceau Touch est sûrement celui qui se démarque le plus de l’album. Captivant, ce titre possède une dimension cinématographique capable de vous transporter en dehors du monde, en dehors de vous-même. The Most est une chanson plus simple, un ballade à la guitare acoustique teintée de nostalgie. Sur Tonight Maya prend le piano et est accompagnée d’un violoncelle, pour nous délivrer une chanson triste et intense. American Song conclue la première partie, elle est inspirée par la chanson One More American Song de Simone Felice, mais semble hantée par l’héritage des plus grands singer-songwriters du siècle dernier.

Le rythme change sur la seconde moitié, plus d’énergie dans la guitare, trombone, trompette et percussions font leurs apparition. L’esthétique des mots devient plus important, pourtant Maya n’oublie pas le sens. Sa voix chaude et accueillante est absolument parfaite pour cette musique ensoleillée. A Escultura et Eu Vi sont deux regards différents portés sur le futur. Como Yo Lloro Por Ti incite à danser, il est d’ailleurs difficile de résister à un rythme aussi entrainant. Na Distante au contraire est plus apaisé, le chant de Maya en reste passionné. Sur A Vida elle nous montre que seule avec sa guitare elle est tout aussi capable de rendre cette ambiance latine. Madreselva est tout comme Touch, un petit bijou de production.

Cet album a été produit par Maya Solovéy et « Bassy » Bob Brockmann (qui est à l’origine du mixage impeccable des deux albums objet de ce billet). Vous pouvez l’écouter et/ou l’acheter en vous rendant sur la page Bandcamp de Maya Solovéy : mayasolovey.bandcamp.com
Son site : mayasolovey.com

Les deux albums de l’été, et peut-être bien les deux albums de l’année !

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1 Comment

  • Reply
    Angéline
    9 septembre 2010 at 18:13

    Plein de jolies découvertes, merci ! Ca fait du bien au bureau… Quelques notes de poésie. On revit.

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