Expositions

Dreamlands au Centre Pompidou

De temps à autres, parmi son programme très éclectique, le Centre Pompidou nous gratifie d’une exposition d’architecture. Nous avons déjà eu droit à des monographies sur Jean Nouvel ou Richard Rogers. Cette fois-ci, c’est un thème qui est choisi : Dreamlands. Le nom de l’exposition peut paraître flou, mais il cache un pan de l’architecture rarement développé, celui des bâtiments de loisirs, à l’exemple des pavillons d’Exposition Universelle ou des parcs d’attraction.

Chaque projet reflète le rêve de son architecte. Selon l’ampleur du terrain à recouvrir, il va du simple monument rêvé à l’utopie à l’échelle d’une ville. La tour Eiffel en est un exemple. Erigée à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1889, elle était destinée à prouver le savoir faire des ateliers Eiffel. Une sorte de spectaculaire publicité pour les ponts en kit produits à Lavallois.

Le Corbusier et Iannis Xenakis eurent une démarche totalement différente lors de la conception du pavillon Philips pour l’Exposition Universelle de 1958. L’architecture se devait d’être la plus sobre possible, pour mettre en valeur le poème électronique du compositeur Edgar Varèse. Imposant ou non, le pavillon d’Exposition Universelle peut être considéré comme le pendant de l’arc de triomphe, monument conçu à la gloire de…

Le parc d’attraction a une fonction plus récréative. Il s’agit de faire voyager le visiteur par l’architecture. La reproduction en un des artifices favoris. A cet égard, la ville de Las Vegas et ses nombreux casinos à thèmes peut être rangée dans cette catégorie. Les parcs Disneyland en sont toutefois le paradigme. Mais bien au-delà de leur aspect purement ludique, ils étaient une sorte de brouillon de la ville idéale telle que rêvée par Walt Disney. Une utopie dénommée Epcot, expliquée en vidéo.

Dreamlands explore ces aspects de l’architecture, parfois aux confins de la philosophie. Les problématiques liées à la création d’une ville nouvelle sont bien plus riches et nombreuses que celles, plus simples, entrant en jeu dans la conception d’un bâtiment. Une part de rêve, forcément subjective, intervient pour rendre ces fourmilières habitables par l’animal doué de spiritualité qu’est l’être humain. Les ressorts sont donc proches de ceux utilisés pour l’architecture récréative, comme le prouve Disney.  En y ajoutant des liens avec l’art contemporain, Dreamlands éveille la curiosité et la réflexion du visiteur sur de nombreux sujets, tout en gardant un fil conducteur constant. Assurément l’exposition la plus réussie et passionnante depuis bien longtemps au Centre Pompidou.

Dreamland se visite au sixième étage, jusqu’au 9 août 2010

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