Cinéma

Guillermo Del Toro

Aujourd’hui, découvrons le portrait de Guillermo del Toro, réalisateur, scénariste et producteur mexicain, connu notamment pour des films comme Hellboy ou le Labyrinthe de Pan.

I) Les débuts d’un maître du fantastique

a) Ses origines tourmentées :

Guillermo Del Toro est né le 9 octobre 1964 à Guadalajara. D’origine mexicaine, son enfance est marquée par les nombreuses guerres d’Espagne. Son entourage était composé de réfugiés de guerre, que ce soit ses vieux amis, ses professeurs ou même sa famille. Il a ainsi grandi dans le milieu guerrier d’Espagne, a travaillé de nombreuses fois sur le sujet, mais il a été obligé en 1998 de s’expatrier de son pays natal, menacé de mort par les soldats ennemis qui ont enlevé son père.

Désormais, il vit à New York avec son épouse et ses deux filles.

b) Son passage vers l’avenir :

Il débute dans le milieu du cinéma à l’âge de 8 ans, en étant l’élève du maquilleur de films de Dick Smith (L’Exorciste), et fonde sa propre société sous le nom de « Necropia ». Il était aussi fondateur du Mexicain Film Festival de son lieu de naissance, qu’il quitta pour abus de censure des films, et de sa propre maison de production, le Tequila Gang, pour ensuite se tourner vers la réalisation.

II) La maîtrise artistique du cinéaste

a) Cronos, où l’univers de Del Toro exprimé par le temps :

Après avoir fait un trip visuel sur la Guerre civile d’Espagne pour ses études, Guillermo Del Toro se lance dans le cinéma avec son premier film : Cronos en 1993. Tourné entièrement en Espagne et au Mexique, il pose déjà les bases de son univers, telle son ambiance noire, sa violence physique et morale et ses symboles temporels. Racontant l’improbable histoire d’un vieil antiquaire qui voyage dans le temps avec une mystérieuse « boîte de Pandore » qui va lui apporter bien des malheurs, il exprime sa passion envers l’étude mathématique du temps qui s’écoule, qui va faire perdre toute normalité dans la vie du personnage principal, interprété par Federico Luppi, aux côtés de Ron Perlman et Claudio Brook.

Malheureusement, le film Cronos a fait l’objet d’un bide commercial, mais reste néanmoins une des plus grandes œuvres importantes du cinéaste, faisant introduction de son univers personnel.

b) Mimic, ou le film catastrophe horrifique selon Del Toro :

Réalisé en 1997 à Los Angeles et Toronto, le deuxième film a été une rude épreuve pour Guillermo Del Toro, puisqu’il a été mêlé aux sociétés de grosses productions, avec des producteurs qui ont injustement changé le scénario ainsi que des scènes non convaincantes pour eux. C’est pourquoi Del Toro a toujours renié cette œuvre cinématographique, même si elle figure dans les œuvres incontournables du réalisateur. Ayant comme fil conducteur un scénario de monstres tels que les aliens, Mimic possède surtout une mise en scène ahurissante, où le spectateur reste en haleine pendant tout le film et se donne de terribles frayeurs quand les monstres apparaissent, l’aventure se révélant surtout dans sa deuxième partie, là où il peut vraiment être considéré comme un des plus splendides films d’horreur revisités qu’on n’ait jamais vu.

c) L’Echine du Diable, ou l’auto-biographie fantastique :

Il n’était pas impensable que Guillermo Del Toro raconte son histoire sous forme de film. Le cinéaste en a eu l’idée en 2001, en mettant en scène un orphelin qui mène des aventures déroutantes dans un établissement catholique sombre à l’aide du fantôme d’un garçon étrange. Del Toro réussit à retranscrire ses troubles d’enfant, pendant la Guerre civile d’Espagne, avec émotions fortes, violence dramatique et poésie cruelle. Il dévoile aussi une passion sincère pour les monstres de contes, que ce soit leur aspect et même leurs origines ainsi que leurs symboles. Le personnage du spectre est en cela vraiment réussi, car chaque apparition procure des sensations d’inquiétude et de pitié.

L’Echine du Diable est une véritable auto-biographie de son auteur, hymne aux monstres dramatiques et à l’expressionniste morbide, et un fabuleux conte cruel à fleur de peau, procurant de grandes émotions fortes au spectateur.

d) Blade II, ou le blockbuster américain selon Del Toro :

Guillermo Del Toro revient aux Etats-Unis, sous l’ordre d’une grosse production américaine, en 2002. Il tourna malgré lui la suite tant attendue de Blade, le vampire traqueur de son espèce en bande-dessinée.

Il offre alors aux spectateurs tout le cliché des gros films américains : un pur concentré d’action explosif, ayant comme fil conducteur un scénario sans cohérence. Ne faisant pas l’unanimité chez les critiques, son film Blade II met en scène, à vrai dire, une vengeance personnelle assez jouissive contre les producteurs de grandes sociétés de production.

e) Hellboy, ou l’adaptation de BD selon Del Toro :

Après son mauvais séjour chez les vampires avec Blade II, Del Toro a eu néanmoins la chance d’adapter cinématographiquement en 2004 son héros de bande-dessinée préféré : Hellboy, le mal incarné qui doit cependant protéger la race humaine. Avec son ami Ron Perlman dans le rôle-titre, il réalise un bon film d’action inspiré, efficace et en tout point fidèle au matériau d’origine. Même s’il reste malgré tout inférieur à ses autres œuvres, celle-ci reste la plus célèbre du cinéaste, ayant remporté un vif succès aux Etats-Unis et dans le monde entier, sans compter deux suites déjà envisagées.

f) Le Labyrinthe de Pan, ou l’auto-biographie dramatique :

Nostalgique de son pays natal, Guillermo Del Toro revient en Espagne et décide de tourner une histoire très personnelle, avec Sergio Lopez et son acteur américain préféré Doug Jones. Racontant le voyage initiatique d’une petite fille innocente entre la dure réalité de la guerre et ses troubles imaginaires, le cinéaste mexicain signe en 2006 sa plus belle perle cinématographique : un conte déchirant, violent et empli d’une poésie noire et grinçante.

Pouvant être interprété comme la suite de « L’Echine du Diable », ce film réunit en deux heures tous les fantasmes personnels de Del Toro : guerre civile d’Espagne, créatures fantastiques de la mythologie, monstres ambigus, insectes merveilleux et l’arrêt soudain du temps.

Le Labyrinthe de Pan est à lui seul une œuvre unique, un hymne aux contres de fées grinçants, rempli de tristesse et de poésie ambiguë, avec des monstres fascinants et dérangeants ainsi que des acteurs procurant de fortes émotions et une violence des plus horribles (à déconseiller surtout aux moins de 15 ans et aux âmes sensibles).

g) Hellboy II, ou la peur selon Del Toro :

Guillermo Del Toro compte bien finir la trilogie du diable sauveur de l’humanité lui-même. Reprenant la même équipe en 2008, il tourne, cette fois-ci, une suite beaucoup plus personnelle que le premier volet, sortant un bestiaire de monstres fascinants et étonnants, comme sortis tout droit de son « Labyrinthe de Pan ».

Restant tout de même un blockbuster américain jouissif mais des plus classiques, Hellboy et les Légions d’Or maudites s’impose néanmoins supérieur à la première aventure cinématographique, grâce à un scénario original et frais, une performance de Ron Perlman, Doug Jones et de tous les acteurs convaincante, et des monstres impressionnants et riches en visuel.

h) Une popularité impressionnante :

Guillermo Del Toro est devenu célèbre, notamment grâce à « Hellboy » et surtout « Le Labyrinthe de Pan ». Une grande masse de productions étrangères l’ont voulu dans bon nombre de projets, tels que les spin-off (Bilbot le Hobbit, prequel sur un personnage du « Seigneur des Anneaux » de Peter Jackson, prévu en 2011) ou les adaptations littéraires (Frankenstein de Mary Shelley, L’Etrange Cas du docteur Jekyll et M. Hyde de R.L. Stevenson, Sacrées Sorcières de Roald Dahl). Il a confié dans une interview qu’il voudrait adapter le dernier tome de la saga « Harry Potter » de J.K Rowling, jugeant les récentes adaptations comme irrespectueux de l’univers sombre original. Son emploi du temps cinématographique arrive même jusqu’en 2017.


III) Guillermo Del Toro, une figure emblématique du cinéma

Homme rond et sympathique, Guillermo Del Toro est un réalisateur mexicain, possédant un univers personnel déjà tracé dans sa jeunesse. Grand passionné des monstres, aussi bien humains que fictifs, il est un conteur cinématographique hors pair de drames mythologiques et fantastiques, ayant la qualité immense de nous émouvoir avec des moments vécus déchirants, tournés avec une poésie magnifique et sensible ainsi que d’une violence déroutante et humaine. Dénués de troubles personnels (Guerre civile d’Espagne) et de passions mythologiques et morbides (monstres, insectes, etc…), ses histoires filmiques nous touchent grâce à ses contextes historiques et dramatiques et ses symboles éternels.

Del Toro est devenu, en si peu de temps, une figure riche et importante dans le cinéma du monde entier.

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