Curiosités

Electroplume

Aujourd’hui, découvrons Electroplume, un étonnant projet musical tourné autour des oiseaux. Christophe, son concepteur, nous en dit plus sur sa musique atypique.

Qui est/qu’est ce que Electroplume ?

Electroplume, c’est un projet musical autour des chants d’oiseaux. J’ai eu l’idée il y a quelques années, et depuis le projet avance au fil des saisons. En ce moment c’est une version solo, alors… il n’y a que moi !

Peux-tu nous présenter le concept ?

Le concept est simple au premier abord : jouer de la musique pour accompagner les oiseaux. Chaque morceau est lié à un oiseau ou à un lieu. Le rythme, la mélodie, l’émotion, la symbolique, le mode de vie de l’oiseau, son caractère,… Tous ces éléments façonnent la musique que je joue.

Pourquoi ce nom ?

Alors ça je ne me rappelle plus… Je crois qu’il y a deux raisons : la première est que pour utiliser les chants d’oiseaux sur scène je ne pouvais pas avoir une volière apprivoisée (impossible et … brrr quelle horreur!), j’ai donc dû me constituer une volière virtuelle avec un sampleur, dans lequel je mets les enregistrements d’oiseaux. La deuxième est que les débuts de ce projet avaient une orientation très electro. Les choses ont changé, mais j’ai gardé le nom.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de te lancer dans ce projet ?

On peut dire que tout est parti d’un refus de jouer aux lego toute ma vie ! Emboiter des notes et des rythmes « à la façon de… » manque de sens pour moi. Les oiseaux sont une source de matière musicale largement aussi riche que l’histoire du jazz, de la pop ou du rock, et répondent à des règles qui sont au-dessus des lois de la musique : ) Je me dis qu’ils peuvent m’apprendre beaucoup, et j’ai envie de le partager. Je pense aussi qu’à la base j’aime bien la nature quand même!

Peux-tu nous décrire cette musique ?

Euh… vous m’envoyez un mail, et je vous envoie le CD ! En fait c’est une musique rythmique, épurée, car ce sont les oiseaux les vrais virtuoses. Certains chants me rappellent des lieux, des moments, et parfois de la musique. Un instant, une phrase, une impression… Tout ça est en moi, alors j’essaie de reconstruire les décors et les sensations pour pouvoir les partager. Pas d’ expérimentalo-snobo-chiant, ni de mielleux-zen-lobotomisant, juste des mélodies simples qui (r)éveillent la curiosité.

Qu’est-ce qui t’inspire ?

Les oiseaux, les références « communes » avec le public (littérature, contes, légendes, personnages,…), et tout ce qui me touche en musique comme dans la vie.

Quels instruments utilises-tu ?

Sur scène j’utilise une batterie (pour un batteur, rien de surprenant!), un sampleur (la volière), et un vocodeur (synthé commandé par la voix). J’ai aussi un boucleur.

Peux-tu nous présenter l’album « Bird’s eye View » ?

C’est le premier album d’électroplume, et le premier d’une série de trois… ou quatre. La plupart des morceaux étaient écrits depuis longtemps, mais j’ai refait tous les arrangements. J’ai pu y mettre des instruments que je ne transporte pas en live comme le vibraphone ou certaines percussions et il y a aussi des invités: c’est l’avantage d’un disque. Je pense que cet album est fidèle au fond du projet Electroplume et j’espère que le résultat donne envie d’en entendre plus…

Comment s’est passé l’enregistrement ?

Un jour je me suis senti prêt… et hop ! Cet album est entièrement auto-produit, et même auto-réalisé. Pour des raisons de qualité de son, je ne pouvais pas appuyer sur « record » et jouer les morceaux en entier. J’ai donc fais une prise témoin pour la structure, et ensuite  enregistré par étapes. Cela représente beaucoup de temps et d’énergie car j’étais seul : musicien et technicien à la fois, c’est parfois difficile pour la concentration. Cette autonomie me permet cependant de rester maître du contenu de mon disque et de son prix: l’industrie du disque est restée bloquée dans les années 90 mais le monde change et il faut inventer des solutions… avec ou sans eux.

Comment cela se passe-t-il en live ?

C’est génial !!! Venez !!! Dites aux programmateurs de me contacter !!! En fait, c’est très convivial et surprenant à la fois. Pour la musique, rien n’est programmé à l’avance (machines), tout est joué, bouclé, raté, amélioré… en live. C’est quelque chose de vraiment important pour moi. Je n’ai pas forcément l’âme d’un One-man-Showiste, mais ce projet me fait vibrer et les 36 000 choses que je dois gérer en même temps (batterie, chant, boucles, oiseaux…) ne me laissent pas la possibilité d’être seulement à 100%. Alors il y a du suspens, de l’action, des histoires, de l’humour (il en faut quand on veut s’adresser à tous sans faire du rock ou de la chanson) et pleins de belles choses. Il paraît même qu’il y a de la poésie mais j’ai pas fait exprès!

Quels sont tes projets musicaux pour le futur ?

Pour Electroplume: Jouer, jouer et jouer. Le deuxième album est presque prêt, il ne me restera bientôt plus qu’à l’enregistrer mais je ne suis pas pressé. J’ai tout un stock d’autres idées sauf que le temps me manque alors j’essaie d’être patient… Sinon je joue dans un trio qui s’appelle Meltis, j’espère que ce groupe va marcher car j’aime travailler avec ces gars. Et bien-sûr plein d’autres collaborations à venir !

Hélène a eu la chance d’assister à l’un des concerts d’Electroplume. Elle partage son expérience :

Jeudi 4 Juin 2009, Espace Pol’N à Nantes.

Bizarre. Etrange.
Mais qui est cet individu qui caquette en frappant des mains et en sifflant ? Il nous signale le début du spectacle. C’est Electroplume. Une entrée en matière pour le moins… surprenante ! Je me laisse pourtant volontiers porter par la masse et m’installe dans le public.

Visuel. Sonore. Subtile.
J’avais pourtant écouté l’album «Bird’s-Eye View», mais le live m’a procuré des sensations encore plus intenses. C’était d’abord un spectacle visuel. Batterie, percussions, ordinateur : comment une seule personne peut-elle réussir à faire fonctionner tout ce matériel ? Les mouvements évoluent crescendo, faisant grandir l’intensité sonore. Le public joue le jeu. Je frappe des mains. Nous faisons aussi partie de la farandole d’instruments. Les chants d’oiseaux font écho peu à peu, puis de plus en plus intensément. Les vibrations des cymbales résonnent dans tout mon corps. Le public semble envoûté, transporté dans la toute proche et magique forêt de Brocéliande. Les têtes marquent les temps, les pieds sonnent la mesure, les doigts claquent.

Féérique. Imaginaire.
En milieu de concert, Electroplume entonne de nouveaux accords, inédits. C’est un morceau inspiré de la légendaire histoire d’Icare, qui, souhaitant sortir du labyrinthe, se fabrique une paire d’ailes mais s’élève tellement haut dans les airs qu’il fait fondre la cire qui les maintient et tombe dans l’océan.
J’ai l’impression d’être Icare. Moi aussi je sens la chaleur du soleil. Je vole ! L’intensité monte crescendo, le rythme s’accélère, le danger est proche. Trop tard. C’est la chute. Et je redescends sur terre… Fin du morceau. Fin du concert.

Mélodieux. Vivant.
Grives, rouges-gorges, pies, rousserolles, coucous, merles, rossignol, alouettes…
Tous ces oiseaux étaient bien là, en plein univers citadin. C’était un bon bol d’air frais, tellement original, tellement vrai.

Merci Electroplume. Maintenant j’attends avec impatience le deuxième album !

Pour tous ceux qui souhaitent découvrir Electroplume, rendez-vous sur son MySpace : http://www.myspace.com/electroplume

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1 Comment

  • Reply
    Lila
    5 octobre 2009 at 11:46

    Je viens de découvrir : j’adore !

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