Chanteuse rock

KT Tunstall

“I came across a place in the middle of nowhere with a big black horse and a cherry tree. (woo-hoo)”. Elle commence comme ça l’histoire de KT : elle croise un grand cheval noir et un cerisier plantés au beau milieu de nul part… Et l’étalon (pas le cerisier) de la demander en mariage !…

On pourrait craindre pour la santé mentale de miss Tunstall (nan, je t’assure KT, les chevaux ne parlent pas et te demandent encore moins de les épouser) si la scène quelque peu originale n’était pas le décor de son énorme tube « Black Horse and the Cherry Tree », l’une des plus grandes découvertes internationales de l’année 2005… Utilisée derechef en France comme générique publicitaire pour un fournisseur d’accès internet. Les Etats-Unis lui préféreront l’autre single « Suddenly I See » également issu de l’album Eye to the Telescope (en abrégé ETTT) pour illustrer aussi bien la musique d’ouverture du film Le Diable S’Habille en Prada… que le thème de la campagne d’Hillary Clinton (choisie par la candidate elle-même) pour les dernières présidentielles américaines! Dernier album en date, Drastic Fantastic (2007) reste dans la droite lignée de ETTT et avec des singles tels que « Hold On », « Saving my Face » ou « If Only » persiste dans une ré-interprétation très moderne du blues façon « stomp box ». Entre pure tradition rock et renouveau folk, le parcours de la chanteuse sino-écossaise vers les sommets de la renommée a pourtant été semé de quelques embûches… C’était sans compter sur sa pugnacité alliée à un facteur chance providentiel (woo-hoo) !

Appelez-moi KT

De son vrai patronyme « Kate Victoria Tunstall », la jeune chanteuse métisse est née le 23 juin 1975 à Edimbourg, en Ecosse, d’un père irlandais et d’une mère d’ascendance chinoise et écossaise. Mais ses parents biologiques, Kate ne les connaîtra que très peu (elle n’a même jamais rencontré son géniteur), une absence que viendra combler son adoption par le couple Tunstall à peine dix-huit jours après sa naissance. Grandissant dans la ville universitaire de Saint Andrews, où son père est professeur d’université en physiques et sa mère institutrice, la fillette passe une enfance insouciante auprès de son frère aîné Joe et son cadet, Daniel. Déjà, celle-ci se passionne pour le piano, la flûte et le chant, en se découvrant très tôt une admiration pour Ella Fitzgerald. Aussi curieux que cela puisse paraître, les parents de Kate ne sont pas mélomanes et la seule cassette que son père avoue posséder consiste en l’enregistrement d’une comédie du mathématicien et chansonnier américain Tom Lehrer !

Autant dire que la musique chez les Tunstall, c’est limité… Alors quand son frère aîné s’enferme dans sa chambre pour écouter les nouveaux albums qu’il vient de s’acheter, de l’autre côté du mur, la toute jeune ado s’initie aux joies du métal et à ses chevelus ! Et celle-ci de commencer à écrire ses premiers textes, de son avis même excessivement guimauve avec le recul… Qu’importe, la machine Tunstall est lancée et se rapproche du côté rock de la force avec l’apprentissage de la guitare en autodidacte à l’âge de 16 ans. Toute novice qu’elle fût dans le domaine musical, Kate se félicite maintenant de n’avoir souffert d’aucun formatage musical : « La scène a toujours était une évidence pour moi, à l’image d’un circuit électrique qui s’allume. (L’absence de musique au cours de mon enfance) m’a empêchée d’être bloquée par quoi que ce soit. Si vos parents n’écoutent que du jazz, du folk, ou autre chose, vous ressemblez à ces arbres que l’on voit dans les jardins botaniques avec des tuteurs : vous grandissez dans cette forme, en la suivant ou bien vous devez vous en détacher. Pour ma part, je n’avais aucune influence à laquelle me rattacher ou rejeter et je n’avais aucune idée sur n’importe quoi. L’idée globale que certains types musicaux puissent être cool est une idée relativement nouvelle pour moi » (www.kttunstall.com)

Cette culture musicale à côté de laquelle elle est passée, Kate la rattrape manu militari en s’acoquinant avec les musiciens régionaux dont un certain Kenny Anderson, leader du Fence Collective et bientôt reconnu pour ses talents d’auteur-compositeur sous le nom de King Creosote. A côté de celui qu’elle identifie comme son mentor, la chanteuse en devenir apprend les rudiments du métier et l’exercice de la scène… Nul besoin de souligner que cette rencontre est déterminante pour la future carrière de la jeune fille qui crée son premier groupe prénommé The Happy Campers! Se sentant l’envie de voir du pays, celle-ci passe sa dernière année de secondaire dans un lycée américain du Connecticut. Elle ajoute à sa collection de disques favoris, ceux des mythiques Billie Holiday, Nina Simone, Patti Smith et saisit l’opportunité de se produire aux côtés des légendaires Grateful Dead et 10,000 Maniacs ! Qui dit mieux ?

De retour à Saint Andrews et forte de l’expérience acquise, Kate s’investit de plus belle dans la scène locale avant de poursuivre des études musicales plus poussées au prestigieux Royal Holloway College de Londres. Poursuivant son petit bonhomme de chemin, celle-ci part s’installer à Edimbourg et rejoint des groupes indé tels que Elia Drew, Tomoko, retrouvant à l’occasion ses amis de Fence Collective pour jouer quelques dates. Sans compter sa participation à la tournée du groupe expérimental Oi Va Voi et son apparition sur leur album Laughter Through Tears ! Bien qu’attachée à son Ecosse natale, où elle tourne en compagnie des prometteurs Red Light Stylus, la jeune artiste réalise la difficulté de percer et décide de déménager à Londres la cosmopolite, où les contacts musicaux restent néanmoins déterminants.

Suddenly I See… A Black Horse and the Cherry Tree

Dans la capitale britannique, Kate rôde son répertoire en se produisant sur différentes scènes, ce qui lui permet de se constituer un important carnet d’adresses professionnel. Premier changement d’importance, Kate prend le diminutif de « Katie » orthographié en anglais abrégé « KT », pour se différencier d’autres chanteuses homophones comme Katie Melua. La raison, selon elle, étant que son nom de baptême ne sonne pas assez rock ! « Sur le certificat de naissance, mon nom vrai prénom est Kate, ce qui m’évoque l’image d’une bobonne en train de faire du pain pour son mari qui travaille aux champs. Cela ne me pose pas de problème mais ce n’est pas exactement l’idée que je me représente d’une star du rock » (http://findarticles.com). Après les maquettes Tracks in July (2000) et Toons March ’03 (2003), c’est donc sous le nom de scène « KT Tunstall » qu’est commercialisé le 1er mars 2004, son premier single intitulé « Throw Me a Rope », distribué à 300 exemplaires. Bientôt suivi sept mois plus tard par le EP False Alarm sorti sous le label Relentless Records et produit par Steve Osborne, qui a déjà travaillé avec le groupe New Order…. Excusez du peu !

Sous ce haut patronage musical, KT s’empresse de sortir une nouvelle réalisation et plus précisément, son premier album, baptisé Eye To The Telescope. Peut-être pas la fille d’un fermier mais assurément celle d’un physicien, Kate a le goût des expériences et sait distiller ce qu’il faut de folk, blues ou pop pour former le rock alternatif de ETTT ! Mais en ce 13 décembre 2004, le public reste encore à convaincre avec une timide entrée dans les charts britanniques… Qu’importe, la chanteuse redouble d’efforts sur scène, ici ou ailleurs, comme un passage à la TV française aux côtés de groupes de prestige comme The Cure, Embrace ou The Futureheads. Histoire de tester en condition live le single phare « Black Horse and the Cherry Tree » et de se faire progressivement connaître par le bouche à oreille. Son incroyable maîtrise de la scène commence déjà à faire parler d’elle.

Cela aurait été sans compter sans le formidable coup de pouce dont KT va bientôt bénéficier. Choisie à la dernière minute pour remplacer la prestation du rappeur Nas dans le show musical britannique « Later… With Jools Holland » sur la BBC, KT n’a que 24 heures pour préparer sa rencontre avec le destin. Ce qu’elle va chanter ? « Black Horse and the Cherry Tree » ! La suite, on la connaît bien. Visiblement impressionnés par la prestation solo de celle-ci, aidée de sa seule guitare et de ses pédales d’effets, les spectateurs portent en ovation la jeune artiste… Et les curieux de se précipiter vers leurs disquaires préférés ! Pour la peine, Eye To The Telescope est réédité une seconde fois le 25 janvier 2005 et familiarise le public avec des titres tout aussi brillants que « Black Horse…» tels que « Other Side of the World », « Suddenly I See », « Under the Weather », « Another Place to Fall ».

« Black Horse and the Cherry Tree » est inspiré par du vieux blues, les rustauds psychopathes de Nashville et de vagues souvenirs. Cela raconte comment l’on peut se sentir perdu sur son chemin de vie quand un choix s’impose tout en traitant du jeu, du destin, du fait d’écouter son cœur et de la force de combattre cette part sombre qui essaie toujours de vous descendre » (www.contactmusic.com). Ouf, on comprend mieux, KT n’est pas victime d’hallucinations ! En bonne songwriteuse qu’elle est, la chanteuse sait manier avec brio imaginaire et réalité pour aussi bien traiter des difficultés d’une relation longue distance (« Other Side of the World ») que pour rendre hommage à son idole Patti Smith (« Suddenly I See »), et plus précisément à la couverture de son célébrissime album Wild Horses, dont a été librement inspirée celle de Eye To The Telescope !

Le phénomène Tunstall s’installe remarquablement bien dans les charts européens : l’album est 5 fois platine au UK, 7 fois en Irlande tandis qu’il se décline en or pour la Suisse. Les récompenses pleuvent : 1 nomination aux Mercury Music Prize, 1 Q Awards pour la composition et la performance de « Black Horse… » en 2005, 3 nominations aux Brit Awards version 2006 dont un obtenu en tant que « Meilleure Artiste Féminine Britannique Solo », 1 Ivor Novello Award attribué à la « Meilleure Chanson » qu’est « Suddenly I See »… KT est définitivement partout ! Reste encore à conquérir l’autre côté de l’Altantique. Le marché américain s’avère des plus ambitieux mais là encore la chance va sourire à la petite Ecossaise puisque « Black Horse… » va être interprétée par Katherine McPhee, candidate à American Idol. Et le public américain de succomber au rythme délicieusement familier de cette illustre inconnue ! Sacralisé « Disque de Platine » aux States et au Canada peu de temps après sa sortie programmée outre-Atlantique en février 2006, ETTT rafle de peu un Grammy Award : on lui préfère la performance vocale de Christina Aguilera sur « Ain’t No Other Man ».

Drastic Fantastic

Beau début pour KT et son premier opus. Les critiques dithyrambiques saluent le tour de force de Eye To The Telescope en le qualifiant par exemple de « Premier album prometteur et satisfaisant » (www.allmusic.com) pour le site Allmusic.com, là où Yahoo ! Music reconnaît la filiation directe de KT avec les grandes songwriteuses : « La dernière en date d’une longue et distinguée lignée de femmes avec des guitares qui essaient de trouver du sens au monde qui les entourent » (http://uk.launch.yahoo.com). On lui prête d’emblée des faux-airs à Sheryl Crow, Fiona Apple, Tori Amos avec des influences post Janis Joplin ou Jeff Buckley. Mais d’entre toutes les comparaisons, celle qui énerve le plus KT est celle qui s’établit naturellement avec Dido : même timbre de voix (contralto), même écriture intimiste mais pas même caractère… Après avoir dit de sa consœur qu’elle « était foutrement incapable de chanter » (www.contactmusic.com), (f***ing, j’en passe et des meilleurs), KT a préféré s’excuser de peur d’être à l’origine d’une inquisition envers cette dernière !

Une grande gueule certes, mais qui vaut à son premier opus de s’arracher à près de 4 millions d’exemplaires à travers le monde, dont plus de la moitié au Royaume-Uni (1,5 m) et aux States (1 m). Comme pour répondre à cette notoriété croissante, son premier réflexe est de sortir dans la foulée l’intimiste KT Tunstall’s Acoustic Extravaganza, le 15 mai 2006. Avec toujours Steve Osborne aux commandes, l’extravagance acoustique de KT est un bel hommage à la scène qui la découverte et qu’elle affectionne particulièrement. Mélange de compositions unplugged, certaines originales (« Ashes », « One Day », « Gone To The Dogs », « Change »), d’autres déjà présentes sur ses précédents album (on pense notamment à « Throw Me A Rope » son premier single sur le maxi False Alarm ou « Miniature Disasters » et « Universe and You » de ETTT), … Acoustic Extravaganza s’agrémente également de la reprise du « Golden Age » du chanteur Beck. Et pour la partie DVD vendu en même temps que le CD Audio, le privilégié rentre dans les coulisses de la réalisation de l’album ! Au final, comme dirait le critique Christian Hoad du magazine Rolling Stone « Pas mal pour un bouche-trou » (www.rollingstone) qui s’apprécie à mesure qu’il s’écoute… Mais on l’attend au tournant.

Chose faite en 2007 avec la sortie internationale de Drastic Fantastic le 10 septembre. Des circonstances particulières expliquent le titre de l’album, KT confiant « J’ai été sidérée par le film Sin City et j’ai aimé la manière dont l’imagerie de Frank Miller a pris forme. Cela m’a fait comprendre que ma vie ressemblait beaucoup à un comics. Un peu comme les X-Men mais les super pouvoirs en moins ! Vous volez partout, vous êtes sur scène, vous êtes euphorique, vous êtes déprimé, vous êtes éparpillé, vous êtes exténué au point de ne pas pouvoir vous lever ou parler. C’est monstrueux ! Drastic Fantastic sonnait comme le nom de ma vie de comics » (op.cit, www.kttunstall.com). Méchamment fantastique, DT ne l’est pourtant pas aux yeux de tout le monde et nombreux sont les admirateurs de la première heure qui regrettent que le folk artisanal de Eye To The Telescope soit ici remplacé par une dominante pop surproduite. Tandis que le site culturel irlandais www.entertainment.ie déplore « le manque de saveur de cet album, qui promettait beaucoup mais peine finalement à offrir » (www.entertainment.ie), Allmusic reconnaît que Drastic Fantastic reste « une bête rare : un album pop avec un cœur d’auteur-compositeur, conciliable sur les deux niveaux » (www.allmusic.com).

Même d’assez bonne facture, les entraînants « Saving My Face », « If Only » ou le single phare « Hold On » peinent à convaincre. Hormis un classement à la première place dans le hit parade écossais, Drastic Fantastic s’installe péniblement à la 72e place des charts UK et US, avec respectivement 225 000 et 215 000 copies vendues à la fin 2007. Et dire que KT avait voulu surprendre son auditoire avec ce nouvel album, où à ses dires mêmes, elle s’était sentie plus à l’aise vocalement parlant… L’explication de cet accueil mi-figue mi raisin est peut-être trouvée dans cette interview qu’elle livre au détour d’un blog « Réaliser un album peut être une expérience assez douloureuse pour moi. J’essaie de faire véritablement de mon mieux mais je ne suis pas quelqu’un de particulièrement intéressée dans le côté technique de la musique en terme matériel. Un concert est une expérience passagère pourtant. Vous ne pouvez pas vendre un concert, vous pouvez en vendre une copie mais j’aime l’idée que vous ne pouvez pas y toucher : c’est là mais c’est déjà parti. Avec un album, c’est beaucoup plus calculé et je ne suis pas très fan de cet aspect là. Je travaille de plus en plus à essayer de capturer sur CD ce que je fais en live » (www.bobbysix.com).

KT termine l’année 2007 sur une note festive avec la sortie du maxi Have a KT Christmas, histoire de souhaiter un joyeux Noël à ses fans à travers 6 titres. Depuis, plus trop de nouvelles d’elle : tout juste sait-on que celle-ci a fait escale en France pour une série de concerts en avril 2008 après avoir collaboré l’année précédente à l’album de Suzanne Vega, (Beauty and Crime) et de ses confrères écossais du groupe Travis sur The Boy With No Name. D’ailleurs sur un post récemment édité sur son site, la chanteuse s’excuse auprès de ses fans pour son absence: c’est que 2008 a été l’année de son mariage avec Luke Bullen, batteur au sein même de son groupe et l’occasion d’un véritable périple aux quatre coins du monde… On comprend mieux ! Si KT se met un peu en retrait de la scène, elle n’en oublie pas moins les projets écologistes (Cape Farewell) et caritatifs qui lui tiennent à cœur, comme sa participation sur le disque Songs for Survival, oeuvrant pour la protection des indiens d’Amazonie.

Depuis quelques temps déjà, des bruits courent sur l’enregistrement d’un potentiel nouvel album. Mais rien de concret pour l’instant, tout juste savons nous que KT a retrouvé dernièrement son ami Alex James, ancien bassiste du groupe Blur, pour travailler sur des sessions acoustiques, la chanteuse voulant explorer d’autres horizons musicaux que ceux exploités jusqu’ici. Pour l’heure, celle-ci savoure une trêve bien méritée sur l’île de Skye où elle habite désormais, dans cette Ecosse sauvage et magnifique où s’érige la forêt de quelques 6000 arbres qu’elle a acheté avec le premier cachet de Eye To The Telescope… Le temps, du moins, de peaufiner une nouvelle tempête musicale !

(Les photos proviennent de www.betweenplanets.co.uk , www.mynewsbooth.com et www.kttunstall.com)

Sources

Sites internet :
http://kttunstall.com/
http://www.myspace.com/kttunstall
http://kt-tunstall.skyrock.com
http://fr.wikipedia.org
http://en.wikipedia.org
http://www.allmusic.com
http://www.rollingstone.com

Articles:
KT’S HISTORY (http://www.kttunstall.com/history)
KT Tunstall: she dropped the name Kate because she thought it sounded too « farmer’s daughter. » But with a voice that’s pure rock ‘n’ roll, Scotland’s KT Tunstall is sounding more and more like music’s next big thing (http://findarticles.com/p/articles/mi_m1285/is_11_35/ai_n15950795)
KT Tunstall : Scottish singer-songwriter KT TUNSTALL releases her debut single ‘ Black Horse and the Cherry Tree’ on Relentless on February 21st 2005(http://www.contactmusic.com/new/home.nsf/webpages/kttunstallx02x03x05)
KT Tunstall – Eye To The Telescope (http://www.allmusic.com/cg/amg.dll?p=amg&sql=10:dpfuxqldldhe)
KT Tunstall – Eye To The Telescope (http://uk.launch.yahoo.com/050104/33/1xi1c.html)
KT Tunstall – Tunstall apologizes to Dido (http://www.contactmusic.com/new/xmlfeed.nsf/mndwebpages/tunstall%20apologies%20to%20dido)
KT Tunstall – KT Tunstall’s Acoustic Extravaganza(http://www.rollingstone.com/artists/kttunstall/albums/album/11793138/review/12047150/kt_tunstalls_acoustic_extravaganza)
KT Tunstall – Drastic Fantastic
(http://entertainment.ie/album-review/album/5163.htm)
Drastic Fantastic – KT Tunstall
(http://allmusic.com/cg/amg.dll?p=amg&sql=10:knfqxzrgldhe)
– KT Tunstall Interview (http://www.bobbysix.com/2008/03/kt-tunstall-interview.html)

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