Cinéma Jeunesse

Batman, un héros légendaire pas comme les autres

I/ Le commencement du mythe

1. Son origine :

Batman, alias Bruce Wayne, est un justicier noir qui combat la criminalité avec ses gadgets, pour défendre la sombre cité de Gotham et pour venger la mort de ses parents alors qu’il n’était encore qu’un enfant.

2.Les débuts :

Le héros volant était apparu pour la première fois dans le numéro 27 d’un magazine de BD de supers-héros, le Detective Comics, en mai 1939. La première aventure fut écrite par Bill Finger, non crédité, et illustrée par Bob Kane. Ce fut un succès tellement énorme que Batman eut sa propre série, toujours sous les ailes de Finger et Kane. Dans les années 50, le Dark Knight fit équipe avec Superman, dans la série World’s Finest Comics, qui s’achevait en 1986. Puis Batman changea de design en 1964 par Detective Comics, dans une version plus colorée et plus contemporaine, suivie d’une série télé qui alla dans la même veine, mais cette période fut arrêtée en 1969, qui commençait à lasser le public. Le scénariste Dennis O’Neil, ainsi que le dessinateur Neal Adams, voulurent plus tard revenir sur le contexte du « vengeur nocturne » de départ. C’est ainsi que l’ère O’Neil/Adams débuta en 1970 dans le numéro 395 de Detective Comics, avec une aventure plus gothique. Cet univers avait influencé le héros sombre durant les années 70 et 80. Frank Miller lança une série en 1986 qui présentait le Dark Knight retraité, d’où le célèbre The Dark Knight Returns. Avec un succès commercial, cette série a relancé la popularité du héros et O’Neil devenait le rédacteur en chef de tous les titres des BD. Il changea de ton, avec Frank Miller et David Mazzucchelli qui redéfinissaient les origines du personnage dans Batman : Year One. La série continua dans cette voie, avec The Killing Joke d’Alan Moore et Brian Bolland en 1988. Cela a produit un succès commercial tellement énorme que toute la Ligue des Justiciers d’Amérique a subit une relecture de leurs origines. En cela, Batman est devenu une légende et un des plus grands succès du commerce qu’il se range aux côtés de Superman et Spider-Man.

II/ La période cinématographique (1966-2005)

1. La touche des années 60 :

Le tout premier film mettant en scène Batman date de 1966. Réalisé par Leslie H. Martinson, avec Adam West dans le rôle principal, cette aventure cinématographique est une adaptation de la série des années 60, en mettant en scène le justicier de la nuit, aidé de son compagnon Robin, se battant contre le Joker, Catwoman, le Pingouin et l’Homme-Mystère. Bien sûr, ce premier essai devient ridicule aujourd’hui, avec la pauvreté des décors et des effets spéciaux, mais il devient tout à fait plaisant lorsqu’on le prend au deuxième degré.

2. La touche de Burton :

Tim Burton, réalisateur du sombre « Sweeney Todd », réalise deux films de l’homme chauve-souris. Le premier est sorti en 1989, avec, comme vedettes, Michael Keaton dans le rôle de Batman et Jack Nicholson dans celui du Joker, qui a été un immense succès, remportant en tout 251 188 924 millions de dollars. Le deuxième, Batman : le Défi, est sorti en 1991, avec toujours Keaton dans le rôle principal, mais aussi Danny DeVito dans celui du Pingouin et Michelle Pfeiffer dans celui de Catwoman, qui a été, cette fois-ci, un petit échec commercial comparé au précédent film, remportant 162 831 698 millions de dollars, mais qui est devenu aujourd’hui un opus culte de la saga du héros, grâce à la relecture fascinante du Pingouin par Burton.

Des années plus tard, les versions cinématographiques de Batman continuent chez le studio Warner Bros. Et c’est Joel Schumacher, créateur du récent « Le Nombre 23 », qui se voit offrir la tâche de réalisateur, en remplaçant Tim Burton. Malheureusement, il a créé deux films médiocres du héros de l’ombre. D’abord, en commençant par Batman Forever, sorti en 1995, avec Val Kilmer jouant Batman et Chris O’Donnell endossant le costume de Robin, où il détruit le personnage de Double-Face (Tommy Lee Jones), le réduisant à un guignol, et celui de l’Homme-Mystère (Jim Carrey), et où il place une ambiance colorée au même titre que le film de 1966. Et, puis, en finissant avec Batman & Robin, sorti en 1997, avec Arnold Schwarzenegger en Mister Freeze et Uma Thurman en Poison Ivy, qui est nommé depuis la sortie du film la pire adaptation cinématographique du personnage de Bob Kane.

4. Le début de la touche de Nolan :

La légende de Batman est quelque peu détruite à cause de la vision lamentable de Schumacher. Mais, huit ans plus tard, Christopher Nolan, réalisateur de « Memento » et du « Prestige », propose à la Warner Bros de créer un film qui racontera une relecture précise et plus réaliste du héros de la nuit. En signant une trilogie, avec Christian Bale dans le rôle principal, le premier film, s’intitulant Batman Begins, est sorti au cinéma en été 2005. Et, grâce à Nolan, le Chevalier Noir renaît de ses cendres, avec un opus très réussi expliquant avec subtilité et intelligence la naissance du mythe, qui part d’une vengeance parentale sombre et funèbre. Mais, le film a fait un succès modeste dans le monde, en récoltant 371 853 783 millions de dollars, et a été malheureusement critiqué par des fans du Dark Knight, à cause de l’approche visuelle et de la psychologie réaliste du méchant de ce premier opus, l’Epouvantail.

III/ THE DARK KNIGHT : monument cinématographique du justicier noir

Avant que le premier opus de la trilogie ne sorte, David S. Goyer, co-scénariste de Begins, a écrit les scénarios des deux suites qui introduisent le Joker et le personnage d’Harvey Dent. Il voulait que Dent apparaisse, dans le troisième film, comme le futur méchant défiguré, Double-Face, à cause du Joker, et il a cité la bande-dessinée The Long Halloween comme la principale référence de son histoire. La Warner Bros annonce le 31 juillet 2006 le début de la production de The Dark Knight, comme étant le seul long-métrage de l’homme-chauve-souris dont le nom « Batman » est absent du titre. Christopher Nolan veut réinventer le personnage du Joker et son frère et co-scénariste du projet, Jonathan Nolan, déclare les deux premières apparitions du vilain dans la BD, dans le premier numéro du Batman des années 40, comme références importantes pour leur personnage. Jerry Robinson, un des co-créateurs du Joker, a été consulté sur la nature du vilain, mais au lieu d’expliquer ses origines, C. Nolan préfère représenter l’ascension au pouvoir du Joker, car il ne veut pas minimiser la menace que son personnage représente, et le réalisateur a donc été inspiré de la célèbre bande-dessinée The Killing Joke, pour les dialogues du vilain. Christopher Nolan a voulu transmettre, comme les BD, l’idée qu’un défenseur de la justice (Batman) attire le crime et la folie (Joker), qui remet en cause la légitimité du héros. Par ailleurs, il a voulu que Gotham City soit une ville ayant sa personnalité propre, influence du film « Heat ». Nolan change également l’histoire d’Harvey Dent, dont une rivalité avec Bruce Wayne, alias Batman, autour du personnage de Rachel Dawes, et a compressé le scénario de Goyer en incluant la transformation de Dent en Double-Face à la fin du film. Et, finalement, Double-Face ne fera pas une autre apparition dans le troisième volet.

2. Le tournage sur différents pays :

Robin Higgs, qui est chargé de repérer des lieux de tournage, visite Liverpool, durant le mois d’octobre 2006, ainsi que d’autres endroits repérés comme Yorkshire, Glasgow et une partie de Londres. Le producteur du film, Charles Roven, avait annoncé en août 2006 le début du tournage en mars 2007. Le film dispose de scènes tournées avec des caméras en format Imax, comme la première scène du Joker, dont, selon Christopher Nolan, ce format est magnifique et permet ainsi au spectateur de s’immerger plus facilement dans l’ambiance de la scène, ce qui fait de cette suite de Begins le premier film à utiliser ce format Imax. Le studio Warner Bros a choisi Chicago comme lieu de tournage. Le tournage commence finalement mi-avril 2007, et tourne des scènes d’intérieur et d’extérieur dans cette ville, avec une scène d’hélicoptère. Puis, l’équipe de tournage continue au Royaume-Uni, précisément à Londres au mois de mai, ensuite, elle retourne à Chicago début juin pour une durée de 13 semaines, et, finalement, elle reste dans cette ville jusqu’à fin septembre, où la production du film génère 45 millions de dollars à l’économie de Chicago et des milliers d’emplois. Des scènes du film ont été aussi tournées à Los Angeles, Baltimore et Hong Kong pour des hauteurs vertigineuses.

3. Le choc tragique de ce début d’année :

Ce fut la mauvaise surprise de 2008, car Heath Ledger, l’acteur qui interprète le Joker dans The Dark Knight, décède le 22 janvier 2008. Alors qu’il avait à peine 28 ans, et qu’il travaillait sur le dernier film de Terry Gilliam, « The Imaginarium of Doctor Parnassus », il meurt à New York, à cause d’un mauvais mélange de médicaments. Gilliam (Brazil) a gardé les scènes tournées de Ledger, mais il le remplace par Johnny Depp (Edward aux mains d’argent), ensuite par Colin Farrell (Miami Vice) et par Jude Law (Aviator), qui incarnent tous les trois différentes facettes du personnage de Ledger lors de la traversée d’un miroir. Mais la Warner Bros voulait supprimer une scène de The Dark Knight, où le Joker se faisait passer pour mort, mais que Nolan n’était pas d’accord et finalement, le studio abandonne cette idée. Le deuxième volet de la trilogie de Nolan se révèle être un grand hommage à Heath Ledger, en étant aussi son dernier film dans lequel il joue.

4. The Dark Knight, l’ultime film de 2008 ? :

Avec Begins qui faisait partager l’avis des fans du héros de l’ombre, entre ceux ravis de cette adaptation et ceux qui n’appréciaient pas le réalisme du film, ceux-ci se questionnent sur le physique du nouveau Joker dans la suite du premier film. Et ils sont amplement déçus en voyant les deux premières photos du personnage, diffusé sur le net le 27 juillet 2007, préférant le style carnavalesque de celui de Jack Nicholson. Mais ils changent rapidement d’avis lors de la vision de la première bande-annonce, apparue sur les sites Internet le 17 décembre 2007, où ils attendent impatiemment un Joker tout à fait prometteur. Depuis cela, les sites sont bombardés de multiples photos, que ce soit celles du film, celles du tournage, des affiches ou bien des affiches « jokérisées », mais aussi des vidéos, comme la deuxième bande-annonce, diffusée sur le net le 29 mai 2008, ou encore des extraits du film et les interviews du réalisateur et des acteurs. Mais le studio du film cache précieusement le physique mystérieux de Double-Face jusqu’à la sortie du film. The Dark Knight sort aux Etats-Unis le 18 juillet 2008 et entame un grand succès, qui fait de lui le film qui a dépassé les millions de dollars, le premier week-end au cinéma, avec 158 411 483 dollars, dépassant aussi le budget récolté des troisièmes volets de « Spider-Man » et « Pirates des Caraïbes ». Il reçoit en 43 jours d’exploitation les 4 millions de dollars. Hésitant entre le 20 août et le 30 juillet, le film est sorti chez nous depuis ce 13 août dans 660 salles de cinémas, en remportant 1 271 688 millions d’euros, la première semaine d’exploitation. Le troisième et dernier volet est prévu finalement pour 2010 ou 2011.

5. Mon avis personnel :

Gotham City est maintenant sur le point d’être sauvée par le justicier mystérieux, le violent Batman, aidé de James Gordon, devenu lieutenant. Un duo sans aucun défaut auquel s’ajoute le célèbre Harvey Dent, procureur peu recommandable ayant une schizophrénie intrigante, qui fabrique toute une campagne publicitaire afin d’être le sauveur ultime de la cité. Mais tout contrôle est perdu lorsqu’un étrange et inquiétant psychopathe maquillé et cinglé, se prénommant le Joker, vient faire des ravages à Gotham, en braquant des banques, tuant sordidement les personnes et explosant des bâtiments. La situation devient critique, les habitants de la ville ayant peur, et Batman n’arrive pas à coincer le sombre individu, tant que celui-ci ne s’arrêtera pas à le démoraliser. Cela devient de pire en pire quand le Joker odieux pointe le bout de son nez dans cette zizanie, en jouant avec les deux hommes aux doubles personnalités, Wayne et Dent, avec la pauvre Rachel, la meilleure amie de Bruce. Mais qui sortira donc vivant dans cet affreux dilemme moral ?

Attendu comme la suite ultime avec une grande et longue impatience, cet épisode a été boudé et critiqué au départ par les fans, suite aux deux photos montrant un Joker sans son mythique sourire glacial. Pourtant, le résultat final vaut absolument le détour car, ici, Heath Ledger est autant incroyable que méconnaissable derrière le maquillage sordide du Joker, étant dans ce film un dangereux psychopathe anarchiste et embrouilleur au possible, auquel le jeu de Jack Nicholson est un peu fade à côté. Et, le dernier méchant, Double-Face, est génial, incroyable visuellement, et plus tragique que dans les Comics BD. Passé les vilains, le film est encore plus incroyables avec des effets spéciaux et des combats d’un réalisme et dynamisme à couper le souffle. Accompagné ensuite par des acteurs toujours resplendissants dans leur jeu, particulièrement Ledger et Eckart, et un scénario, de la plume des frères Nolan eux-mêmes, encore plus profond que celui du premier film, allant dans le polar sinistre et le film de gangsters noir, plus maîtrisé qu’avant…

Ne possédant aucune longueur, malgré les 2h27, The Dark Knight est en cela un bijou, un chef-d’œuvre plus abouti que le premier, plus noir, plus violent, plus maîtrisé, plus incroyable et beaucoup plus épique, en devenant un polar noir riche et avec un Joker culte dont ses apparitions sont inoubliables (le coup du crayon, à mouRIRE de rire !). Nous tenons enfin l’adaptation la plus réussie des Comics BD que l’on rêvait et, aussi, le meilleur film de l’été. Peut-être THE film de 2008 ?

Bref, nous attendons impatiemment le plat final : le troisième et dernier volet…

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