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Street life !

Alors même que l’on ne jure que par le web, aujourd’hui, tout se passe dans la rue. C’est par nature un espace de représentation qui plus est des plus efficaces dans tous les domaines. C’est l’endroit où l’on veut être, et où il faut être, pour se faire remarquer (même si cela reste à moitié vrai pour le pick-pocket). Postez-vous au coin d’une rue, chantez un air d’opéra, et cela donne Florent Pagny. Vous êtes beau et vous ressemblez à une gravure de mode? Sillonnez les beaux quartiers de Paris, vous serez un de ces petits chanceux, remarqué par le casting sauvage. N’est-ce pas du Street look, dont les journalistes spécialisés dans les tendances mode parlent sans arrêt? Le sport lui aussi est devenu urbain. Voyez tous ces joggeurs et joggeuses arnachés de leur i-phone, le Street golfing ou les nouveaux casseurs; et enfin, Rémi Gaillard, sur son kart, dans les rues de Montpellier. Si j’allais faire un tour?

A New-York tout le monde veut voir le Naked cow-boy, en slip, chanter sur Time Square. Lui qui semblait si ridicule, le voilà devenu un incontournable, une attraction touristique. Depuis, il a ouvert son propre magasin, une enseigne de plus sur Time Square. Si l’on ne peut se rendre sur place, le phénomène est à découvrir sur youtube:

La rue est un lieu de réussite, une voie possible du succès, car elle permet un contact direct avec le monde, sans discrimination. Mais c’est aussi là que l’on préfère se réunir pour un apéro facebook, ou une performance en tout genre, une de celles où les internautes sont appelés à se statufier, à une heure dite dans la rue. Quelle surprise de voir une foule entière qui piétinait, s’arrêter simultanément. On aime les performances synchronisées, collectives. C’est la folie créative, on veut de l’insolite, et c’est en ville qu’on en trouve. Et oui, il n’y a pas que les manifestations contestataires de rentrée pour animer le cœur des villes. On préfère investir les lieux quand ce n’est pas prévu, et c’est ça en général qui fait mouche: l’effet de surprise. Investir les lieux publics, est-ce finalement mieux profiter d’un espace qui nous appartient? Le phénomène a posé problème concernant les abus et les dégradations des centres-villes, mais finalement, sans les débordements, n’y a-t-il pas quelque choses de positif dans le fait de sentir chez soi?

Le contre-exemple de l’article: Joshua Bell, violoniste classique célèbre, dont les enregistrements de concerts s’arrachaient à prix d’or, a tenté l’expérience suivante d’après une idée de l’humoriste Gene Weingarten, selon laquelle l’art ne se fait pas n’importe où. Il s’est habillé comme n’importe qui avec sa casquette et il est allé jouer à Washington, le matin avant son concert, juste à la sortie du métro. Indifférence totale, le génie était devenu poussière, son talent n’existait plus. Du virtuose au néant, seul un enfant que sa maman tenait par la main, s’est arrêté pour l’écouter jouer. Cette expérience significative, montre que la rue est cet endroit où indifférence et reconnaissance se côtoient, formant le vivier de tous les possibles.

Pour finir sur le pouvoir donné par la rue, sachez qu’un groupe de musique engagé, a pu faire fermer Wall street avant l’heure habituelle. Ce que seul un crack boursier avait réussi à faire jusque là, le groupe de rock, Rage Against The Machine l’a fait, en s’installant tout bêtement juste devant la bourse de New-York. Le clip vidéo est à visionner sur youtube:

Imaginez les conséquences sur le marché mondial d’une misérable petites demie-heure en moins au planning de la bourse…

Ainsi, Jack Kerouac l’écrivait dans son roman Sur la route, (1957), dernièrement réédité dans sa version originale:

« Maintenant donc, à cette exacte minute, je dois m’habiller, enfiler mon froc, revenir à la vie, c’est à dire à la vie du dehors, aux rues et à dieu sait quoi, comme nous en sommes convenus; il est maintenant une heure quinze et c’est le moment de cavaler…»

La sortie de l’adaptation cinématographique est prévue pour 2011 et il s’agit d’un film maudit, car on a tenté d’adapter le roman au cinéma maintes et maintes fois, Francis Ford Coppola détenait les droits du livre depuis les années 70 environ, c’est vous dire!. Le réalisateur brésilien Walter Salles immortalisera alors enfin, la liberté de Kerouac à l’écran.

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2 Comments

  • Reply
    Lilith
    14 septembre 2010 at 0:44

    Si certains sont repérés dans la rue, d’autres s’y perdent. Donc, possibilité à double tranchant!

  • Reply
    alex
    13 septembre 2010 at 12:43

    j’aime beaucoup ton article, on y apprend beaucoup de choses bravo :)

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