Les vacances dans les îles

Oui je sais, c’est l’été. J’avais effectivement remarqué que tout le monde n’avait que les mots « vacances », « congés », « soleil », et « bord de mer » à la bouche. Et comme si ce n’était pas suffisant, j’entends aussi parler « agence de voyage », « avion », « plage » et « cocotiers ». Comme si l’été était forcement synonyme de sable fin et d’eau turquoise…

Alors que moi, petite prolétaire parisienne, je n’ai pas prévu de partir cet été. Une idée que je trouvais au début très originale (bien que dictée par des nécessités financières) et qui commence à me faire grincer des dents. Car à fréquenter mes amis depuis trois semaines, j’ai l’impression tenace d’être hors contexte, et limite inculte à ne pas savoir faire la différence entre les Maldives, les Canaries et l’Indonésie. On dirait que toute la classe moyenne supérieure s’est donnée comme raison d’être de partir dans les îles cet été. Et cela me renvoie obstinément à mon incapacité à supporter les vacances balnéaires et à avoir un vrai « budget vacances ». C’est décidé donc, le prochain qui me demande sur quelle plage je vais cet été je lui fais la démonstration du « pourquoi c’est nul d’aller dans les îles ». (Même si c’est de la mauvaise foi).

D’abord parce que partir dans les îles exotiques c’est forcément prendre l’avion, et donc tuer notre planète à petit feu en lâchant des tonnes de polluants dans l’atmosphère. C’est bien joli d’aller admirer les atolls et les coraux, mais à quoi ça sert d’aller en pèlerinage si celui-ci contribue à leur mise à mort ?

En puis le tourisme dans les îles, c’est basé sur l’exploitation des communautés locales, qui misent tout sur cette manne économique (alors qu’ils sont au service de groupes internationaux qui ne s’occupent pas un instant de faire vivre le pays) et en deviennent dépendants, oubliant leurs moyens traditionnels de subsistance…

En plus les îles, la plage, le sable fin… On paye déjà un rein pour le voyage, un poumon pour l’hôtel club mais ce n’est pas tout. Il va falloir acheter un maillot de bain à la hauteur des photos paradisiaques qu’il faudra ramener. On aura aussi pris soin de faire un petit régime pour rentrer dans le dit maillot et assumer face aux créatures locales (les îles du Brésil c’est vraiment une mauvaise idée, soit dit en passant). Il faudra aussi avoir le budget nécessaire à l’achat d’un appareil photo pour remplacer celui qu’on se sera fait piquer. Et il faut prévoir une somme rondelette pour les souvenirs de vacances et les consommations sur place. Les consos parce qu’on les a fait importer à prix d’or vu que rien n’est produit sur place, et les souvenirs de vacances ils coûtent un bras bien qu’on les ait fait fabriquer en Thaïlande.

Enfin je reste toujours bloquée sur une considération de base… A quoi ça sert d’aller de l’autre coté du monde pour s’étendre sur une serviette et travailler consciencieusement son cancer de la peau ? Les bords de Seine ou la plage de St Bourdoule en Camarguaise y suffiront, et à bien moindre frais. Je ne comprends d’ailleurs pas comment on peut rester plus de deux heures à la plage… Après la baignade, le bronzage, la lecture, la baignade, la lecture, le bronzage, la baignade, le rinçage à la douche, je ne tiens déjà plus en place. Et s’il faut partir à des heures d’avion pour ça, je risque de devenir folle.

En plus, ce sont avant tout les hôtels clubs qui sont visés lors de ce genre de départs dans les îles. Des lieux d’où l’on ne sort que trop rarement, toujours pour une excursion vite fait vers un village d’artisanat plus ou moins folklorique et une pause un peu plus longue à la boutique… On dit donc adieu dès le début à l’attrait de l’étranger ; seul le maître d’hôtel et les barmans (ou pire, des barmaids, encore heureux qu’elles doivent s’habiller décemment…) feront couleur locale, mais tout le monde autour parlera français ou anglais, merci pour le dépaysement… Pire que ça : on peut se dire qu’au moins on est venu pour la plage, mais au final le confort douillet du club incite une large majorité des gens à se contenter de la piscine privée du club. On les a prévenu ces gens qu’il y a des piscines municipales en France ? Si c’est pour ne voir la plage qu’en carte postale, je suis aussi bien chez moi.

Non vraiment. Les vacances dans les îles c’est nul. Mieux vaut aller à la montagne : pas de maillot de bain (donc pas de régime), et même à la piscine de l’hôtel il n’y pas la concurrence de naïades autochtones. Les logements sont souvent soldés, on ne prend pas l’avion et en plus il y a des tas d’excursions qui vous tendent les bras.

Et puis franchement, les cocktails servis dans des ananas entier, les GO tahitiens au corps parfait, les plongées au milieu des coraux multicolores, les cabanons sur ponton et les plages de sable blanc… c’est plutôt surfait…… Non ?

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3 réponses à Les vacances dans les îles

  1. Sekhmet dit :

    Moi je prends trop l’avion pour le job déjà !! Alors même si j’adore découvrir de nouveaux pays de nouvelles cultures je le fais parcimonieusement (genre 1 fois tous les deux ans) et pour le reste j’apprécie aussi de partir quelques jours dans des contrées disons « plus proches »…
    Et comme Désirée je dirais viendez en Suisse… c’est beau la Suisse !!

  2. Désirée dit :

    C’est vrai, il faudrait favoriser l’économie nationale afin de sortir au plus vite de cette crise au lieu de baver comme des cruches devant des surfeurs beaux et bronzés! Et puis on a un super beau pays, c’est bien vrai! Venez tous en Alsace, c’est beau l’Alsace (par contre, les beaux surfeurs sont remplacés par des maigrichons tout blancs et qui font la gueule parce qu’il pleut tout le temps…)!!

  3. EmmA dit :

    Ca fait des années que je sillonne la France pour mes vacances. Elle est si magnifique !

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