Le bronzage urbain

Nous sommes actuellement au printemps ; l’été attend sa date officielle de lancement le 21 juin prochain. Or, le week-end dernier à Paris, si ce n’était pas l’été c’était rudement bien imité. Joli petit 24 degrés et soleil éblouissant poussant même les plus casanières à aller mettre le nez dehors.

Ayant la sale habitude de prendre un coup de soleil en dix minutes (montre en main) en début de saison, ce fut pour moi l’occasion d’appliquer la « marche du ninja » qui impose une progression d’ombre en ombre, et donc un itinéraire absolument pas longiligne lorsqu’on se déplace en ville. Mais le beau temps était trop tentant, il fallait qu’on aille en profiter (à l’ombre des arbres) dans un parc.

Seulement, si je suis légèrement « allergique au soleil » ce n’est pas le cas de tous le monde, et la populaire urbaine ayant rallié ce jour là le parc voisin semblait mettre en application la délicieuse maxime : « pour être beaux, soyons bronzés ».

D’abord on a remarqué les hommes qui tombaient le tee-shirt et ceux qui remontaient les manches pour faire « comme si » ; c’étaient les « bronzeurs débutants ». Plus près de l’eau ou sur les petits reliefs il y a avait les « bronzeurs avertis », installés sur des serviettes de bain ou des plaids, directement en maillot de bain, la chair offerte, avec ou sans crème solaire, aux UV de mai.

Enfin, directement au bord du lac s’était installée la secte des « humains rôtis »… La peau déjà bien brunie par le soleil des îles (ou des cabines UV), les lunettes de bronzeur professionnel (très petites surfaces pour un maximum d’exposition solaire) sur le nez, les adorateurs de l’astre semblaient s’appliquer en plus de l’huile pour bronzer car leurs corps brillaient d’une manière suspecte et renvoyaient trop de lumière pour permettre un examen détaillé.

Un autre détail qui distingue cette catégorie de bronzeur, c’est leur application à dévoiler un maximum de chair, pour optimiser un futur cancer de la peau ? Chez eux le port du string (en mai, dans un parc public) est une tenue basique, et chez les femmes le topless est une variante assez courue…

De quoi surprendre l’ex-provinciale que je suis…

Et cette population de bronzeurs engagés n’est pas limitée aux parcs urbains parisiens : il semblerait que les quais de la Seine offrent ainsi des scènes originales aux touristes des bateaux-mouches. Manquerait plus que ça fasse passer les français pour des exhibs…

Personnellement, très surprise par ces méthodes de bronzage agressives en milieu urbain, je me suis dit que j’allais m’appliquer à conserver la pâleur de mon teint, cette année encore, histoire de me démarquer de la tendance « rôti avec sa ficelle ». Parce que s’il est vrai qu’un joli hâle donne une impression de forme et bonne santé, je ne suis ni pour le bronzage excessif, ni pour l’exhibition passive dès le moindre rayon de soleil.

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